Kerid volcanic crater lake on the Golden Circle in South Iceland

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Cratère Kerid : couleurs volcaniques, vues sur le lac et conseils pour une visite privée

Guide approfondi du cratère Kerid, avec sa forme volcanique âgée de 6 500 ans, ses couleurs saisonnières, ses perspectives sur le rebord et le lac, et une planification privée plus lente du Cercle d’Or.

GlaciGo Iceland / May 2026 / 8 min de lecture

Kerid est l'un des rares sites du Cercle d’Or qui se révèle d’un seul regard et devient encore plus intéressant à mesure que l’on reste. On voit d’abord le bol: terre rouge, rebords volcaniques sombres, un lac posé tranquillement au centre. Puis l'œil commence à remarquer les détails. Les pentes ressemblent vraiment à un amphithéâtre. Les variations de couleur sont plus marquées que prévu. Et tout le cratère semble étrangement intime, comme si la géologie islandaise avait brièvement accepté de se rendre lisible à l’échelle humaine.

Le site officiel de Kerid décrit le cratère comme âgé d'environ 6 500 ans, profond d'environ 55 mètres, large de 170 mètres et d'environ 270 mètres de diamètre. Il situe également Kerid dans la Zone volcanique de l’Ouest de l’Islande, la même ceinture volcanique qui comprend la péninsule de Reykjanes et s’étend vers Langjökull. Cette jeunesse relative est l'une des raisons pour lesquelles la forme paraît encore si nette. En Islande, où les champs de lave et les paysages glaciaires s’étendent souvent sur de vastes panoramas difficiles à lire, Kerid offre une forme volcanique contenue avec des arêtes que l’œil peut suivre immédiatement.

Sa beauté dépend davantage du contraste que de la taille. Les pentes arborent des tons rouges et rouille que les visiteurs n’attendent pas forcément en Islande, surtout s’ils ont passé la matinée parmi des roches grisâtres, de la mousse verte ou la bruine pâle de Gullfoss. Le lac au fond varie selon le temps et les saisons, parfois bleu, parfois verdâtre, parfois plus calme et plus sombre sous les nuages. Kerid est donc moins axé sur un seul aspect fixe que sur la rencontre des minéraux, de l’eau et de la lumière.

Cela le rend particulièrement utile sur un itinéraire privé du Cercle d’Or. Thingvellir offre l’histoire et l’échelle tectonique. Geysir offre mouvement et chaleur. Gullfoss offre puissance. Kerid offre forme. Il ralentit la journée et détourne l’attention du spectaculaire, ne serait-ce qu’un instant. On cesse d’attendre une éruption ou un fracas, et on commence à lire la forme, les lignes et les couleurs.

La promenade elle-même est courte, mais elle mérite d’être considérée comme bien plus qu’un simple passage. Le rebord offre la compréhension la plus complète de la géométrie du cratère. Le chemin vers le bas, lorsque les conditions le permettent, modifie l’atmosphère du lieu. Vu d’en haut, Kerid semble élégant et ouvert. Plus bas, les parois commencent à entourer le lac et le cratère paraît plus clos, presque architectural. Cette variation fait aussi l’originalité et mémorable de l’arrêt.

Kerid n’est pas associé à une saga célèbre comme certaines vallées, chutes et districts agricoles islandais. Et cela aide d’ailleurs. Le cratère n’a pas besoin d’un mythe emprunté. Son histoire est là même dans le sol : une dépression volcanique, un bassin qui se remplit d’eau, un bol rugueux qui se transforme en un site que les visiteurs parcourent aujourd’hui pour le plaisir. L’endroit paraît assez ancien pour stimuler l’imagination, tout en restant clair pour que la géologie guide encore la conversation.

Les saisons transforment radicalement l’expérience. En été, Kerid peut apparaître presque incroyablement vif, avec des pentes rouges, de la végétation verte et une eau bleue qui composent une palette que les visiteurs associent plus souvent à des tableaux qu’à une géologie au bord de la route. En automne, les tons s’approfondissent et l’ensemble du cratère paraît plus discret et réfléchi. En hiver, la neige et la glace simplifient parfois les formes, donnant au lac des silhouettes plus nettes et transformant le site en un lieu plus calme et plus austère.

Cette flexibilité saisonnière rend Kerid étonnamment adapté aux visites répétées. Ce n’est pas le genre de site qui vous submerge par une variation de longueur de parcours ou d’accès spectaculaire. Au contraire, il évolue par la couleur, le vent et l’atmosphère. Un jour, il paraît lumineux et graphique. Un autre jour, il paraît calme et presque méditatif. Lors d’un tour privé, cela a de la valeur car l’arrêt peut trouver sa place à différents moments de la journée: une scène d’ouverture, une pause de détente, ou une note visuelle finale avant le retour vers Reykjavík.

Les photographes travaillent souvent mieux ici en pensant moins grande échelle et plus aux relations. Des compositions larges depuis le rebord permettent de voir le cratère dans son ensemble. Des prises de milieu peuvent mettre en valeur la pente colorée qui plonge dans le lac. Des points de vue bas transforment l’eau en miroir et le rebord en une scène enveloppante. Kerid tire aussi parti d’une lumière plus douce. Le soleil brutal de midi peut aplatir certaines parties du paysage, tandis que les nuages et la lumière oblique aident les couleurs à se distinguer plus élégamment.

Il y a aussi des raisons pratiques de ne pas se précipiter. Le rebord est exposé, et le vent peut rendre un court arrêt plus vif que prévu. Le sol mouillé et la neige modifient aussi le confort du sentier. De bonnes chaussures suffisent pour de nombreux visiteurs, mais une foulée assurée compte plus que la modeste longueur de l’arrêt. Étant donné que le cratère est si visuellement accessible, certains le sous-estiment et marchent sans prendre garde. Il récompense donc l’approche opposée.

Culturellement, Kerid appartient à cette classe importante de lieux islandais qui rappellent que tout n’a pas besoin d’être immense pour compter. Le pays se vend souvent par la grandeur: glaciers, éruptions volcaniques, immenses cascades, côtes de sable noir. Kerid agit par concentration. Il rassemble l’histoire volcanique en une forme lisible et permet aux voyageurs de rencontrer la géologie sans avoir à traduire tout un horizon d’emblée.

C’est pourquoi j’aime Kerid sur un itinéraire privé. Il offre au Cercle d’Or un moment de concentration. Plus de foules qui regardent vers le ciel, pas de compte à rebours avant une eruption, pas de canyon qui engloutit une rivière. Juste un cratère, un lac, et suffisamment de temps pour observer correctement. Visité avec cette attitude plus lente, Kerid devient l’un des arrêts les plus gracieux du trajet, non pas parce qu’il est le plus bruyant, mais parce qu’il est l’un des plus clairs.

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