View over Múlagljúfur Canyon in Southeast Iceland

Iceland Travel Guides

Le canyon Múlagljúfur, une randonnée du sud-est de l’Islande qui ne cesse de s’ouvrir

Une version plus complète du guide privé du canyon Múlagljúfur, avec son sentier qui donne l’impression d’être secret, Hangandifoss et Múlafoss, Öræfi et le contexte glaciaire, et pourquoi cette randonnée du sud‑est de l’Islande paraît plus vaste qu’elle n’apparaît sur la carte.

GlaciGo Iceland / May 2026 / 10 min de lecture

Múlagljúfur Canyon est l’une de ces randonnées du sud-est de l’Islande qui parvient encore à donner l’impression d’être découverte, même s’il n’est plus secret. Les photographies arrivent le plus souvent en premier : des parois vertes abruptes, une entaille sombre dans la terre, une rivière qui s’y fait tonner, et l’un des points de vue les plus cinématographiques du pays qui s’ouvre sur des glaciers et des crêtes montagneuses. Mais le véritable pouvoir de Múlagljúfur ne réside pas uniquement dans sa beauté. Il réunit plusieurs échelles islandaises en une seule marche. Le canyon est suffisamment intime pour paraître personnel, le monde montagneux qui l’entoure est assez vaste pour sembler alpin, et les vues glaciaires lointaines rappellent que ce sentier plus discret appartient à la fringe d’une des plus grandes calottes glaciaires d’Europe.

Guide to Iceland décrit Múlagljúfur comme un canyon quelque peu caché à la lisière du sud-est de l’Islande, près de Fjallsárlón et sous l’influence plus large d’Öræfajökull et du Vatnajökull. C’est un point de départ utile, car l’un des meilleurs aspects de Múlagljúfur est sa localisation. Certaines randonnées islandaises sont dominées par la destination uniquement. Ici, la destination continue de s’étendre. À mesure que l’on progresse, le canyon compte lui‑même, puis les cascades, puis les lagons glaciaires et les formations de montagnes qui entrent dans la composition. Le résultat est une randonnée qui réécrit sans cesse son cadre.

La zone plus vaste aide à comprendre ce sentiment. La page Visit South Iceland sur Öræfi décrit la région comme façonnée par l’érosion glaciaire et l’eau, avec des plaines inondables, des glaciers de sortie et la mémoire lourde des éruptions d’Öræfajökull. Cette description ne se réfère pas spécifiquement à Múlagljúfur, mais elle donne le contexte géologique et émotionnel approprié. C’est un paysage modelé par la glace, l’eau et la force volcanique sur de très longues périodes. Le canyon n’appartient pas à ce système comme une vallée décorative en marge. Il fait partie d’une région où le relief, l’érosion et la présence glaciaire guident l’espace.

Ce qui rend Múlagljúfur particulièrement attractif pour les voyageurs, c’est qu’il paraît plus sauvage que son accès ne le suggère. Il n’est pas loin de la Ring Road, mais l’atmosphère change rapidement une fois la marche commencée. Vous quittez le monde routier, vous empruntez un sentier plus étroit, et le canyon commence à retenir votre attention plus que l’itinéraire lui‑même. Ce n’est pas l’un de ces arrêts où la majeure partie de l’expérience se situe dans un belvédère sur le parking. Vous devez marcher pour le découvrir, et cet investissement modifie immédiatement le ton.

Les deux cascades, Hangandifoss et Múlafoss, constituent une part majeure de l’identité du canyon. Guide to Iceland décrit Hangandifoss comme chutant de plus de 120 mètres et place Múlafoss un peu plus loin sur le sentier, toutes deux souvent négligées malgré leur cadre dramatique. Cette association compte car Múlagljúfur n’est pas une destination à point unique comme certains sites célèbres d’Islande. C’est une suite. Les cascades apparaissent comme faisant partie de l’architecture du canyon plutôt que comme des attractions autonomes avec leurs propres aires de stationnement et plates‑formes de vue. L’œil passe continuellement entre l’eau verticale, les murs inclinés et la glace lointaine.

Cela crée un rythme différent des autres canyons d’Islande. Fjaðrárgljúfur est sinueux et texturé. Stuðlagil est géométrique et centré sur la rivière. Múlagljúfur ressemble davantage à un couloir surélevé qui s’ouvre vers le haut pays. Sa puissance vient non seulement de la profondeur, mais de la direction. Vous avancez dans un paysage qui attire votre regard vers l’avant et vers l’extérieur en même temps. C’est l’une des raisons pour lesquelles tant de personnes se souviennent du point de vue dans la section supérieure. Le canyon ne se referme pas sur vous. Il vous mène vers un panorama plus large du sud‑est.

Le contexte glaciaire est essentiel. Visit South Iceland sur Öræfajökull et la région plus large souligne qu’il s’agit de l’extrémité sud du grand système du Vatnajökull, où des glaciers de sortie descendent entre des crêtes et où le plus haut sommet d’Islande se dresse sous la glace. Même lorsque le sentier paraît herbeux et relativement calme, ce vaste monde glaciaire agit en arrière‑plan. Fjallsárlón et la glace au-delà ne sont pas seulement des vues supplémentaires. Ils font partie de la raison pour laquelle le canyon paraît si chargé. Múlagljúfur est une randonnée où l’intimité et l’isolement coexistent sans se nier.

Cela rend aussi le chemin émotionnellement différent des points forts plus fréquentés de la Côte Sud. Il n’y a pas de sensation d’arrivée sur un repère déjà expliqué par la signalisation, les foules et les plateformes photo habituelles. Múlagljúfur demande encore au visiteur un peu plus de travail interprétatif. On remarque la ligne, la hauteur, la distance et la météo. On ressent le tracé qui change sous les pieds. On devient plus conscient du rythme. Pour de nombreux voyageurs, c’est exactement le genre de moment islandais qu’ils recherchent après avoir vu les sites les plus célèbres.

Photographiquement, Múlagljúfur est généreux mais seulement si l’on le laisse respirer. Le cadre large évident est excellent : les parois du canyon, la rivière, la cascade, le glacier au loin. Mais l’endroit gagne souvent en mémoire par couches. Une section étroite du chemin avec la vallée qui se dérobe en contrebas. La différence entre les pentes vertes proches et le bleu‑blanc froid des glaces lointaines. Une silhouette humaine donnant l’échelle à Hangandifoss. Le faible manteau nuageux qui se déplace sur les crêtes supérieures. Puisque le canyon porte plusieurs profondeurs à la fois, il récompense la retenue mieux que les sursauts frénétiques.

La météo compte ici, comme en Islande. Des conditions lumineuses peuvent faire chanter les verts et les bleus glaciaires, mais des conditions plus douces ou plus sombres donnent souvent au canyon une gravité accrue. Le nuage abaisse le plafond, les chutes se détachent plus nettement et la vallée paraît moins décorative et plus élémentaire. Bien sûr, un temps favorable à la randonnée est idéal, mais Múlagljúfur n’a pas besoin d’un ciel radieux pour réussir. Il contient déjà suffisamment de structure pour retenir l’attention même sous une lumière plate.

D’un point de vue pratique, il s’agit d’un arrêt qui demande de l’honnêteté. Ce n’est pas une expédition extrême, mais ce n’est pas non plus une simple vue en bord de route de cinq minutes. Bonnes chaussures, sensibilité météorologique et gestion du temps réaliste sont essentielles. C’est là une partie de ce qui explique pourquoi il fonctionne si bien dans le cadre soigné d’un voyage privé à travers le sud‑est. Si la journée est trop bondée, Múlagljúfur se transforme en une randonnée précipitée et perd une grande partie de ce qui la rend spéciale. Si la journée est conçue avec de l’espace, elle devient l’une des expériences paysagères les plus riches entre Skaftafell et Jökulsárlón.

Múlagljúfur appartient aussi à un mouvement plus large dans la manière dont les voyageurs parcourent cette partie de l’Islande. De plus en plus de visiteurs recherchent des lieux qui restent moins artificialisés, moins expliqués et légèrement hors du script immédiat de la Côte Sud. Ce canyon répond à ce désir sans devenir le cliché d’un « joyau caché » faux. Il est désormais connu, oui, mais il semble encore mérité. La marche filtre l’expérience juste ce qu’il faut pour que l’endroit conserve une certaine dignité.

Múlagljúfur bénéficie d’une explication plus complète car les questions des voyageurs autour de lui mêlent des questions de randonnée, des attentes photographiques, de la curiosité pour les cascades et une orientation régionale. Beaucoup de voyageurs veulent savoir s’il vaut vraiment l’effort lorsque Fjallsárlón, Jökulsárlón, Skaftafell et d’autres arrêts majeurs sont à proximité. La réponse plus complète est oui, surtout s’ils recherchent une randonnée qui rassemble canyon, cascade, montagne et glacier en une expérience cohérente plutôt que de livrer uniquement un seul objet spectaculaire.

Ce qui demeure chez de nombreux visiteurs après Múlagljúfur, c’est le sentiment que le canyon continue de s’élargir dans la mémoire. À l’instant même, la marche peut sembler se concentrer sur un seul chemin et un seul point de vue. Plus tard, ce qui persiste, c’est tout l’écheveau qu’elle forme : les murs verts, l’eau qui tombe, la glace distante, la sensation d’être entre refuge et exposition. C’est pourquoi Múlagljúfur Canyon compte. Ce n’est pas qu’une simple belle randonnée islandaise. C’est l’un de ces lieux rares où la terre continue de s’ouvrir après que l’on croit l’avoir déjà vue.