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Þakgil : Refuges, anciennes routes et la douceur de la côte sud
Extrait du blog : un guide privé plus étoffé de Þakgil, évoquant son canyon abrité, l’histoire des anciennes routes, sa grotte-restaurants, l’esprit de la randonnée en été et ce qui le distingue du rythme habituel de la côte sud.
GlaciGo Iceland / May 2026 / 10 min
Þakgil est l’un de ces lieux qui réorganisent discrètement un itinéraire sur la côte sud. Les voyageurs arrivent souvent ici en s’attendant à la suite familière d’icônes routières : cascades, sable noir, stacks maritimes, langues glaciaires, une pause café au village, puis la prochaine étape spectaculaire. Þakgil rompt ce rythme. Il s’écarte de la ligne côtière évidente et s’enfonce vers l’intérieur, dans un canyon vert abrité entre Mýrdalsjökull et les étendues noires de Mýrdalssandur. Le résultat n’est pas une simple excursion pittoresque : c’est une vraie transformation de l’atmosphère.
Visit South Iceland présente Þakgil comme une oasis isolée pour les randonneurs et les amoureux de la nature, et l’expression est justifiée : le contraste est palpable. C’est l’une des zones les plus exposées d’Islande sur le plan géographique, où plaines de sable noir, rivières glaciaires, météo changeante et influence de l’Atlantique définissent la région autour de Vík. Pour autant, la vallée se révèle étonnamment protégée : les falaises l’enserrent, le ruisseau l’adoucit et la lumière semble parfois se déposer différemment à l’intérieur. Le camping officiel du Sud de l’Islande va jusqu’à affirmer que le temps à Þakgil est généralement doux et calme grâce aux montagnes environnantes. Ce n’est pas du simple marketing : c’est bien la personnalité du lieu.
Le nom aide à comprendre ce sentiment. L’office de Visit South Iceland précise que Þakgil signifie « Canyon du toit », en référence aux falaises escarpées, couvertes de mousse, qui semblent s’arc-bouter au-dessus comme un toit naturel. C’est un nom pertinent, qui décrit à la fois la forme et l’ambiance. La vallée ne paraît pas ouverte comme en Islande : elle paraît réunie, protégée, presque à l’abri des lignes plus dures du paysage. Pour les voyageurs qui ont passé la journée à alterner points de vue ventés ou foules sur la route circulaire, ce sentiment d’enceinte peut sembler étonnamment intime.
L’accès compte aussi dans l’histoire. Le site officiel de Þakgil explique que l’on quitte la Route 1 par Höfðabrekka, à cinq kilomètres à l’est de Vík, et que l’on suit l’ancienne route qui faisait partie de l’Autoroute 1 jusqu’en 1955. Cette précision confère au lieu un poids historique que beaucoup de visiteurs n’imaginent pas. L’accès n’est pas une simple piste touristique moderne : il s’inscrit dans une géographie du mouvement plus ancienne, avant que la route circulaire actuelle ne rende la côte sud plus lisible et plus efficace. Même aujourd’hui, pénétrer l’intérieur ressemble à retirer une couche d’histoire du voyage islandais.
Cette mémoire de l’ancienne route compte, car Þakgil n’est pas seulement beau : il s’inscrit dans une région autrefois bien plus difficile à traverser. Mýrdalssandur n’est pas une simple plaine décorative : c’est un paysage façonné par les eaux glaciaires, les systèmes volcaniques et des itinéraires autrefois punissants ou incertains. Vu sous cet angle, Þakgil devient bien plus qu’un canyon pittoresque : un lieu de refuge au bord d’un terrain plus rude. Il est logique que l’on y campent aujourd’hui, que l’on y fasse des randonnées et qu’on en parle avec affection. La vallée porte une logique de refuge.
Le site officiel de Þakgil est d’une simplicité rafraîchissante sur ce pourquoi les visiteurs viennent réellement : itinéraires de marche pour différents niveaux, un camping, douches et toilettes, des cottages, et la célèbre grotte-resto communautaire avec un grill et une cheminée. Visit South Iceland reprend ces éléments et ajoute l’image que la grotte peut être éclairée par des bougies lors des soirées plus froides. Cette grotte participe à ce qui rend Þakgil si mémorable. Beaucoup d’endroits en Islande impressionnent par leur paysage ; peu offrent une âme sociale aussi bien accordée au paysage.
Une salle à manger dans une grotte peut sembler une idée anodine, mais tout devient clair quand on comprend le lieu. Dans ce pays volcanique vaste et aux horizons sans fin, le charme de Þakgil vient aussi de cet enclos : murs de canyon, camping niché, ruisseau protégé, ancienne route, puis un espace intérieur partagé bâti dans la montagne même. Cela donne aux soirées une chaleur de hauteland sans trop domestiquer le paysage. On reste au bord du sauvage Sud de l’Islande : on l’aborde depuis une poche d’abri plutôt que depuis une posture d’exposition.
La randonnée est l’autre raison pour laquelle Þakgil mérite une explication soignée. Visit South Iceland évoque les itinéraires balisés et cite Remundargil comme un canyon latéral populaire, avec des formations rocheuses inhabituelles et une vie aviaire intéressante. Le site officiel de Þakgil souligne aussi qu’il existe de nombreux beaux itinéraires adaptés à tous. Cette diversité est précieuse : Þakgil n’est pas réservé qu’aux randonneurs techniques ni qu’aux campeurs nocturnes ; il convient aussi bien aux voyageurs en quête d’une randonnée marquante dans un paysage moins exploité que les arrêts routiers majeurs.
La logique visuelle de ces promenades diffère des attractions phares de la Côte Sud. À Seljalandsfoss ou Skógafoss, l’expérience tourne autour d’un spectacle immédiat. À Reynisfjara, c’est la confrontation entre plage, océan et basalte. À Þakgil, le plaisir est plus cumulé : on remarque à quel point le canyon est vert par rapport aux sables environnants et comment le parcours varie d’échelle. Une déviation offre un ruisseau, de la mousse et un mur rocheux ; une autre s’ouvre vers le pays des glaciers et une lumière méridionale lointaine. La vallée apprend à se mouvoir plutôt que de se photographier depuis un seul point.
C’est pourquoi Þakgil paraît souvent particulièrement agréable pour les voyageurs qui ont beaucoup conduit. Cela remet le corps à zéro : la Côte Sud peut produire une fatigue scénique étrange lorsque les sites sont si forts et photogéniques que la journée devient une suite d’arrêts. Þakgil ralentit le rythme sans devenir léthargique, et réintroduit le terrain, le maintien, l’ascension, la météo et la prise de décision de manière plus douce que les grands itinéraires des Highlands. On ne regarde plus seulement le paysage : on le revisite.
Une vérité saisonnière forte se manifeste ici. Visit South Iceland précise que Þakgil est accessible par une route de montagne en gravier en été, et les informations du camping officiel confirment une saison clairement estivale. Ce n’est pas un endroit à décrire comme disponible en permanence. L’un des charmes de Þakgil est précisément qu’il appartient à la saison ouverte de l’intérieur de l’Islande du Sud, lorsque les routes rouvrent, les randonneurs se dispersent et la vallée devient un camp temporaire à elle seule. Cette limite saisonnière lui donne du caractère, pas du manque.
L’histoire d’accès doit rester honnête. Le site officiel dit que l’accès est praticable pour toutes les voitures, mais cela dépend des conditions locales et ne doit jamais être romantisé en certitude générale. Ce qui compte pour l’article, c’est la vérité plus large : Þakgil paraît plus isolé que ne le suggère Vík, mais moins extrême que les Hautes Terres. Il se situe dans un juste milieu islandais où l’aventure est réelle mais encore accessible pour de nombreux voyageurs en bonne saison. Cet équilibre explique en partie pourquoi le lieu est aimé sans jamais sembler surpeuplé.
Sur le plan photographique, Þakgil fonctionne mieux lorsqu’on ne le traite pas comme une simple destination favorisant les drones. Le canyon a de la profondeur, de la douceur et une certaine enclosure. Ruisseaux, pentes, lumière dans la grotte, herbe mouillée, rocher suspendu et petites silhouettes sur les sentiers racontent souvent l’histoire mieux qu’un seul grand panorama. Même les descriptions officielles privilégient cette approche, en insistant sur la texture du camping et de la vallée. Þakgil reste mémorable parce qu’il unit paysage et atmosphère habitable.
D’un point de vue culturel, cette atmosphère compte plus qu’on ne le reconnaît parfois. La culture du voyage en Islande ne se limite pas à conquérir l’isolement ou à photographier les spectacles : elle consiste aussi à savoir vivre avec le temps incertain, à apprécier le refuge, à organiser un confort communautaire simple dans des paysages bruts, et à se déplacer entre exposition et chaleur. Þakgil, avec sa grotte-resto et la mémoire de l’ancienne route, exprime particulièrement bien ce volet du pays. Il paraît à la fois pratique et poétique.
Þakgil bénéficie d’une explication sur ses propres termes, car les questions des voyageurs autour de lui sont exceptionnellement spécifiques. On ne demande pas seulement où il se situe : on veut comprendre pourquoi ce canyon près de Vik inspire une telle affection, s’il vaut le détour depuis la Côte Sud, à quoi ressemble la randonnée et si la grotte-resto fait vraiment partie de l’expérience. La meilleure façon de le comprendre est oui : Þakgil vaut le détour car il offre quelque chose que l’itinéraire principal de la Côte Sud ne peut pas toujours proposer. Il offre shelter, texture et une intimité plus calme au sein de l’une des régions les plus dramatiques d’Islande.
Ce qui demeure chez beaucoup de voyageurs après Þakgil, ce n’est pas un seul point de vue mais une impression globale : une sensation de lieu à la fois discret et authentique, une vieille route, un toit de canyon, un ruisseau traversant le camp, le souvenir sombre du sable noir dehors, et l’idée qu’un moment, le Sud de l’Islande cesse de se donner en spectacle et vous laisse simplement vivre dedans.